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Résidence Vidéophonic

 

Résidence Vidéophonic

Depuis 2015, le Museolab d’Erasme est partenaire de Vidéophonic .

VIDEOPHONIC est un dispositif de soutien à la création numérique et protéiforme, conçu comme un parcours de résidences artistiques dans l’agglomération lyonnaise.

Depuis 2008, l’AADN coordonne le cycle de résidences VIDEOPHONIC. Le parcours 2015-2016 a été organisé avec ERASME, le CCO de Villeurbanne, le LaB_LaB, l’INSA, le Lavoir Public, la MPT-Salle des Rancy et le Planétarium de Vaulx-en-Velin.

L’équipe d’Erasme a accompagné durant deux périodes de 4 jours, l’équipe du projet "Journal d’un seul jour", spectacle chorégraphique de la Cie Acte, d’Annick Charlot, se déroulant sur une période de 24h dans la ville, en interaction avec le public.

Notre implication a d’abord consisté à proposer d’intégrer dans la mise en scène, en fonction des objectifs artistiques affirmés, des usages en lien avec les technologies disponibles et avec les pratiques des publics.

Puis à proposer des outils technologiques susceptibles de rendre le service pressenti, tout en offrant un socle technologique pérenne aux équipes de développeurs qui vont accompagner le projet.

Comment rendre possible la relation temps réel entre un spectacle et son public ?

Tel a été le premier objet de nos échanges avec la Compagnie.
Fallait-il exister sur les réseaux sociaux pour aller interagir avec les publics qui s’y trouvent ? construire son propre espace temporaire en ligne pour y faire vivre les échanges ? offrir un tiers lieu numérique où partager le propos de la création tout en prenant le risque de la relation ?

Après une acculturation aux termes et réalités de nos deux mondes, il s’est avéré que Journal d’un seul jour ne pouvait passer à côté de la confrontation a cette problématique contemporaine qui pose la question de la place que le spectacle vivant d’aujourd’hui laisse a ses spectateurs, lorsqu’il se pose la question du numérique et envisage d’intégrer certains outils de communication dans ses propres principes narratifs.
Comment être l’émetteur sans occulter la fontion récepteur de l’outils que l’on convoque ?

Deux pistes ont été choisies pour être prototypées, testées avec un échantillon de public au soir de la sortie de résidence.

Les réseaux sociaux, avec une présence de la Cie sur Twitter, à la manière du travail présenté cet été au Festival d’Avignon par Olivier Py dans son adaptation du Roi Lear, que l’on pourra revoir cette saison au Théâtre des Célestins.

Cette première solution dans le cas de Journal d’un seul jour, à trouvé ses limites car ne suffisait pas à apporter la dimension transmédia recherchée et créait plutôt du "bruit" autour du sujet du spectacle en intégrant un feed back public parfois déconnecté. Il est probable que cette présence sur les réseaux ait sa place dans un autre temps du spectacle, lorsqu’il s’agira en amont ou pendant les 24h, rester un présence cde manière asynchrone ou remonter le fil de l’expérience que l’on a pas vécue pour lui redonner sens.

A noter que l’utilisation d’un outils d’écriture temps réel tel que Framapad a bien fonctionné, permettant au public de lire en temps réel le journal en train de s’écrire sous ses yeux.

La seconde piste reposait sur le logiciel K’jing développé par Erasme et permettant à partir d’un navigateur, d’envoyer sur toutes les machines connectées sur le même réseaux, de recevoir des contenus s’affichant dans un navigateur ouvert, sans action de la part du récepteur.

Elle devait permettre d’entendre un son, une voix, pendant qu’une scène du spectacle se déroulait sous nos yeux dans la gare, de trouver la suite d’une action après qu’elle ait disparue de notre champ de vision, la fin de la course poursuite des danseurs en vidéo après qu’ils aient tourné le coin de la rue, etc.

Une installation audacieuse de la part d’AADN a permis de tester le dispositif dans la Gare de la Part Dieu, ce qui en soit était un challenge.
Une trentaine de smartphones connectés en même temps, sur lesquels le meneur de jeu envoyait des contenus, a permis à chaque spectateur ou groupe de spectateurs, de consulter le fichier, image, son ou vidéo, en temps réel et avec la possibilité d’agir sur le démarrage ou la répétition de la ressource.

Que fait Erasme dans Vidéophonic ?

Si le service des usages numériques de la Métropole de Lyon se retrouve aux côtés des danseurs de la Cie Acte c’est que la question de la place du numérique dans les interactions entre la ville et ses habitants ne peut se contenter de la présence de capteurs et l’utilisation de big data sur la mobilité. La question du feed back pour l’utilisateur se pose, ainsi que celle de la place que la ville réserve à l’usager dans le cadre de son éditorialisation.
Le contexte artistique est intéressant à plusieurs titres, permettant d’une part de changer de regard, d’identifier des enjeux poétiques, donc très en phase avec la réalité des relations humaines, et d’autre part d’un point de vue technique et méthodologique. En effet les équipes artistiques sont pluridisciplinaires, elles intègrent des explorateurs logiciels, forces vives de la R&D, et sont en capacité d’intégrer des ressources techniques rapidement, dans la cas présent, la Sté Emisphère, qui peut reprendre et faire évoluer le code de K’jing en vue de la création du spectacle. Enfin, nous sommes ici sur des temps relativement cours (1 an pour une création), qui débouchent sur un rendez-vous final (la spectacle à la Maison de la Danse), qui confrontera immanquablement le dispositif au public après un série de prototypages, de tests, d’essais et d’erreurs.
Il s’agit bien du cadre itératif d’une expérimentation telle que nous la pensons à Erasme. Il y a fort à parier que les avancées logicielles dont va bénéficier le projet K’jing se retrouve un jour dans un dispositif appliqué au monde des collèges ou du maintien à domicile des personnes âgées.

vendredi 20 novembre 2015 par Patrick Vincent, Christophe Monnet