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Museomix Arts décoratifs 2011

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The place to seat

 

The place to seat

Choisir un fauteuil sur Museotouch, se prendre en photo sur ce siège, retrouver son profil en ligne et l’échanger. Le projet des lémuriens néo-pop agrégeait différentes technologies autour de Navinum, solution de suivi de parcours par badge RFID de Cap-Sciences.

Un projet ambitieux d’un point de vue technologique mais desservi par un espace peu adapté au final. Cette pyramide de siège est très forte scénographiquement mais elle laisse peu de place pour organiser un parcours autour ou installer un studio de prise de vues. (Sans compter l’absence de prise électrique ou de réseau).

(Photo Philippe Tarbouriech)

L’adaptation en quelques heures de Muséotouch à la collection de fauteuil du Musée, montre qu’une application avec backoffice ouvert peut être rapidement adaptée à d’autre corpus quitte à détourner certains principes (le critère géographique remplacé par les couleurs grace à une carte des couleurs). Par contre, j’ai observé que l’ensemble des discours de médiation qui sont rendus possibles par l’application n’étaient pas tous abordés, et qu’au final l’outil était réduit à la fonction de sélection d’un fauteuil. (Ce qui était un peu obligé vu l’ambition du parcours).

Un autre point qui m’a frappé sur les critères de Muséotouch c’est que l’équipe souhaitait explorer des critères de sélection plus subjectifs : j’imagine qu’on aurait pu les associer par exemple à des trait de caractères ou à une humeur. Or les échanges avec le Musée ne leur on pas permis d’explorer cette voie et les ont rapidement ramené à des aspect très basiques : la matière, la couleur... Pourtant des critères plus subjectifs ou plus poétiques auraient pu ouvrir un autre regard sur le design de ces chaises et auraient eu du sens dans ce dispositif d’appropriation. C’est certain que cela aurait été plus intéressant de rechercher une chaise "aigüe", "mélancolique", "bornée" que "rouge" et en "en bois". Mais là dessus, il me semble qu’ils n’ont pas été compris du musée.

Par contre, les différentes étapes du dispositifs me semblent porteurs de sens dans un parcours de visite : je choisis avec le recul que donne un interactif, je me confronte à l’objet lui même, je me l’approprie d’une manière ludique avec mon incrustation dans une photo personnalisée, enfin, je la partage.

C’est ce dernier point qui est clairement en ligne de mire des concepteurs de Muséonum et de l’équipe des Lémuriens néo-pop : comment articuler une expérience muséographique avec les réseaux sociaux, voire comment créer un réseau social de visiteurs à partir de dispositif de personnalisation et de suivi de visite ? Ce seul sujet mériterait un travail approfondi et plusieurs maquettes pour le cerner un peu.

L’utilisation de badge RFID pour suivre le visiteur, personnaliser une expérience, assurer la continuité dans l’exposition et avec Internet est un sujet auquel nous croyons pas mal (cf notre rubrique personnalisation de la visite) . L’alternative est d’utiliser un téléphone portable, mais la neutralité d’un badge RFID (qui peut être intégré dans le ticket d’entrée come au au musée de Bergen) permet d’avoir un objet peu encombrant et ne captant pas d’attention.
Evidement ce sont des procédés structurants qu’il faut envisager sur l’ensemble d’une exposition.

Personnellement je trouve cette pyramide de siège très inspirante, et pour ma part j’aurais rêvé de l’augmenter avec du projection mapping, en changeant la texture des fauteuils blancs, les usant virtuellement, les plaçant dans divers environnements imaginaires.

Quelles sont les questions que ce dispositif pose au Musée des Arts décoratifs ?
- Comment permettre au visiteur de repartir avec une partie de l’exposition ?
- Comment l’aider à mieux s’approprier les collections ?
- il y a t’il une place pour des dispositifs collectifs d’exploration et de mise en perspective des collections ?
- Comment créer un réseau social de visiteur ?

lundi 12 décembre 2011 par Yves-Armel Martin