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Low tech & innovation frugale

mardi 12 janvier 2021

 

Low tech & innovation frugale

Alors que la raréfaction des ressources ne peut plus être ignorée, faire plus avec moins est devenu une évidence. Face à cette nécessité, de nombreux entrepreneurs et structures se tourne vers l’innovation frugale et le low tech.

Qu’est ce que les "low-tech" ?

Dans son mémoire de recherche en design Célia Gremillet définit le terme de low tech comme une "Oxymore décrivant les technologies simples et à faible coût écologique, qui se sont construites en opposition aux high tech, ou technologies de pointe. [...] Pourtant, au delà d’un domaine physique les low tech sont avant tout une posture, elles nous amènent à reconcevoir notre attitude face à la nature, que nous établissons par défaut comme infiniment exploitable."
Célia Gremillet - Numérique et low tech : pour un futur soutenable ? - mémoire de recherche - 2020

Qu’est ce que l’innovation frugale ?

Nous consommons et dépensons beaucoup en R&D, pourtant pour de nombreuses entreprises cela produit peu de résultats significatifs, utiles ou créatifs.

Ce modèle d’innovation, rigide et gourmand, nous pousse à repenser nos méthodes d’innovations. Comment répondre à un besoin de la manière la plus simple, la plus rapide, la moins coûteuse et surtout la plus juste ?C’est la question à laquelle répond l’innovation frugale. D’abord nommée "Jugaad", cette approche venue d’Inde tend à la création de valeur en misant sur :

  • Chercher des opportunités dans l’adversité,
  • Faire plus avec moins,
  • Penser et agir de manière flexible,
  • Viser la simplicité,
  • Intégrer les marges,
  • Réemployer l’existant
  • Innover mieux avec moins,
  • Développer des solutions ingénieuses à forte valeur pour les usagers.

Erasme, un low tech lab ?

Une posture low tech

Depuis sa création, ERASME utilise implicitement des postures "low-tech", notamment au niveau de ses méthodologies de prototypage rapide.

La technologie au sens large, fait partie intégrante de la philosophie du laboratoire et de l’accompagnement des projets qui s’y développent. Ainsi, Erasme propose une Tech Shop permettant aux porteurs de projets de s’inspirer mais également de donner forme à leurs idées. L’objectif est de rendre accessible un certains nombres de ressources : il peut s’agir de nouvelles technologies, permettant aux porteurs de projets et services de les découvrir, ou de technologies plus anciennes, fiables et éprouvées qui vont se révéler au travers de nouveaux usages.

L’objectif d’Erasme est bien d’adapter la technologie aux usages et aux contextes d’utilisation. En effet, la technologie n’étant pas une fin en soi, les projets se basent sur des études fines des besoins et un suivi d’expérimentation permettant des choix techniques cohérents. Boussole [1]est un projet né du MDM Remix [2]sur les questions de l’accueil du public et des conditions de travail des agents. Ainsi, ce projet vient répondre aux deux problématiques "Comment permettre aux associations et aux travailleurs sociaux de bien se repérer parmi l’offre importante des services et aides de proximité ? Comment renforcer le tissu solidaire sur le territoire de la métropole ?" . Boussole est donc un outil à destination des travailleurs sociaux et des structures d’aides permettant de dessiner le parcours social de l’usager en fonction de son profil et de ses besoins pour une orientation adaptée. En effet, ce dispositif comprend une base de données complète et à jour de tous les partenaires sociaux de la métropole (association, institutions publiques, acteurs de l’économie sociale et solidaire, centre communal d’action sociale, maisons de la Métropole) alimenté grâce au principe de production participative (crowdsourcing). Les informations peuvent être tenues à jour par les travailleurs sociaux ou par les partenaires eux-même, évitant ainsi la mauvaise orientation d’un usager à cause d’informations obsolètes. Les choix techniques et fonctionnel de ce dispositif sont issus de l’observations des pratiques mais également d’une phase d’expérimentation au cours de laquelle le prototype de Boussole à évolué de manière agile en fonction des retours d’utilisation.

Il est également assez courant de "rétrograder" les choix technologique effectués (le remplacer par une technologie moins complexe, polluante ou efficiente), aux antipodes de la débauche technologique. La première ébauche de Boussole proposait la mise en place d’une intelligence artificielle qui créait automatiquement le parcours social d’un usager en fonction de ses besoins et de son profil. La réalité du terrain, avec sa diversité de situations et de profils, a fait renoncer à cette solution. La Boussole ne peut pas, et ne doit pas, orienter un usager mais doit permettre aux travailleurs sociaux de prendre des décisions éclairées. L’outil technologique est ainsi passé du rôle d’intelligence sociale centralisée à celui de conseiller dédié, utilisant alors un vaste système de filtres pour suggérer au travailleur social les orientations les plus pertinentes.

Nous pouvons également prendre comme exemple DatAgora [3], un projet co-piloté par l’Université (IDEX et IMU) et la Métropole de Lyon visant à équiper le territoire métropolitain et ses acteurs d’un lieu immersif et interconnecté de valorisation de la donnée. Ce lieu est au service de la mutualisation de ressources, humaines et technique mais également de savoirs. Il proposera entre autre un dispositif permettant une mise en représentation territoriale de thématiques divers (telle que la végétalisation, ou la mobilité) par le biais d’une maquette augmentée construite en LEGO. En effet, ce dispositif captera un certain nombres de données en lien avec une problématique et qui correspondront à des couches d’informations projetées sur la maquette. Ainsi, il sera plus aisé de visualiser les espaces disponibles et viable pour végétaliser un quartier, ou ceux correspondant à de potentiel pistes cyclable etc. Il s’agit donc d’un projet d’envergure avec de gros enjeux tel que l’aide à la décision, la médiation et l’analyse de donnée basé sur une technologie avancée d’analyse et d’interprétation de la donnée mais également sur un principes de LEGO très basique.

Incuber pour donner une chance à chaque idée

Si Erasme opte pour une approche low tech dans la réalisation de ses projets, nous tentons également de démocratiser ces façons de faire. Ainsi, nous intégrons une fonction d’incubation qui propose un accompagnement aux porteurs de projets dans le domaine de l’innovation publique (interne et externe) jusqu’à la généralisation par la mise à l’échelle du prototype.
Les porteurs de projets sont invités à participer à des sessions collectives et collaborative régulières, permettant, entre autre, la résolution de problèmes entre pairs. C’est également l’occasion pour ERASME de transmettre son savoir par le biais d’un accompagnement méthodologique et une aide de la part d’experts externes.

Lors de cet accompagnement les équipes projets sont amenées à évaluer et étudier leurs contextes et leur usagers pour proposer une solutions juste, responsable et adapté.

Ce programme d’incubation met en place une approche low tech permettant de donner forme aux idées rapidement. Mais également d’aboutir sur un prototype fonctionnel et testable plus rapidement qu’avec une approche plus traditionnel (gourmande en moyens, en énergie et en temps).

Pour en savoir plus sur la place de la culture low tech et de l’innovation frugale au sein d’Erasme, nous vous invitions à consulter nos projets et prototypes.

D’autres part, l’équipe Erasme mets à disposition une veille thématique autour de l’innovation frugale et du low tech : https://www.notion.so/erasme/Low-tech-innovation-frugal-2dbe096eccf74ad390ac3400cb4a2ac9

Documents :

par Ludivine Bocquier